VASSILI FEODOROFF
a participé à : masterclass #1 – 2025
”En participant à la Masterclass Oeildeep je voulais donner un cadre à mon projet ainsi que l’ouvrir et me confronter à des regards nouveaux et pluriels. Les 6 mois de travail on plus que confirmé mon intention de départ. Les échanges et débats autours des différents projet ont, je pense, enrichis considérablement mon travail photo.
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VASSILI FEODOROFF
a participé à : masterclass #1 – 2025
”En participant à la Masterclass Oeildeep je voulais donner un cadre à mon projet ainsi que l’ouvrir et me confronter à des regards nouveaux et pluriels. Les 6 mois de travail on plus que confirmé mon intention de départ. Les échanges et débats autours des différents projet ont, je pense, enrichis considérablement mon travail photo.
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LA FORÊT COMMENCE LÀ OÙ ELLE S’ARRÊTE
Mon premier souvenir d’enfance est une forêt, celle que je voyais depuis ma chambre et qui commençait là où mon village s’arrêtait. J’y suis retourné récemment et elle ne ressemble plus à celle d’il y a trente ans. Dépérissante, ses frênes ont quasiment disparu, ravagés par un champignon. Aujourd’hui j’habite une autre forêt, celle de Fontainebleau. Ici, c’est l’agonie des pins sylvestres qui est saisissante. Un à un, poche par poche, ils disparaissent du paysage.
La forêt est dépérissante. Le constat est là. Maintenant, qu’est-ce que l’on en fait ?
Elle couvre 31 % de la surface du pays. Au sortir de la Révolution on estime qu’elle en recouvrait seulement 15%. Depuis le milieu du XIXème siècle, la superficie a presque doublé. La forêt française n’est pas un espace naturel sauvage. Elle est faite par l’humain, pour l’humain. Elle a été aménagée par nos mains et souffre maintenant des effets du changement climatique, conséquences de notre exploitation de la planète. Le temps de la foresterie à cette particularité d’oeuvrer pour une temporalité qui dépasse nos existences contemporaines. Or, elle fait aujourd’hui face à un dérèglement visible et accéléré d’année en année.
Ce projet photos cherche à montrer comment la société tente de répondre au problème posé par la forêt et le changement climatique. Je vois comme un paradoxe : l’écosystème forestier a besoin d’être protéger tandis que la forêt, en tant que ressource, est sollicitée pour lutter contre le changement climatique. Il y a en effet un changement de paradigme radical dans le principe de la foresterie : de ressource inépuisable à exploiter, la forêt est devenue un trésor à préserver. Ces deux visages sont-ils conciliables ?
Et si la forêt était en train de mourir du changement climatique ?
Et si la forêt pouvait nous sauver du changement climatique ?
On serait alors à un point de bascule où deux réalités forestières antagonistes cherchent à se réaliser. C’est à l’équilibre entre ces deux réalités que ce projet va tenter de s’inscrire. Il semblerait que la forêt soit un des lieux du débat sur le changement climatique. Je cherche alors à en montrer les échanges, les avis, les arguments, les tensions et les accords. Les photos ne donnent pas réponse au problème, mais elles traduisent de façon sensible une situation révélatrice des réalités de notre époque. Son avenir se discute en son sein mais aussi hors de sa géographie. Je m’attache à faire résonner la forêt hors de sa lisière en racontant le débat sur son devenir, mais aussi en faisant dialoguer l’écosystème forestier avec ses représentations sociales. Son intérieur et son extérieur.
On ne peut pas raconter et prédire son avenir, ni reconstituer son passé, mais avec la photo comme une borne temporelle, on peut imaginer une tendance et trouver des indices d’une forêt à venir.
Site web : https://vassilifeodoroff.com/
Instagram : @vassilifeo
